août 2010 22

Fin juillet, j’ai eu la chance de pouvoir me rendre en vacances en Croatie. Ma destination principale était la ville de Dubrovnik mais j’ai pu visiter également l’ile de Korčula, toujours en Croatie et la ville de Mostar en Bosnie-Herzégovine .

Le sud de la Croatie présente une côte escarpée qui baigne dans la mer Adriatique. Ainsi les montagnes donnent l’impression de se jeter directement dans la mer.

La ville de Dubrovnik est la principale ville de la région. La vieille ville est entourée de remparts et est classée au patrimoine mondial.

Vue de la vieille ville de Dubrovnik depuis les hauteurs

Pour s’étendre, la ville s’est dévelopée hors des remparts au nord de la ville et accueille désormais les bateaux de croisière dans son nouveau port. Depuis les remparts, il est possible d’avoir une vue imprenable sur la ville.

Vue panoramique des remparts de Dubrovnik

Dubrovnik, comme une grande partie de la région, a souffert des destructions de la guerre (qui s’est déroulée il y a à peine 20 ans) mais la majeure partie des stigmates ont aujourd’hui disparu.

Le temps d’une journée, j’ai pu visiter la ville de Korčula située sur l’ile du même nom. Cette ville est un petit joyau. Pas plus grande qu’un stade de foot, elle se veut être une miniature de Dubrovnik.

La ville de Korčula

Les habitants de l’ile racontent que Marco Polo y serait né au “XIIIe siècle dans une maison du XVe siècle”, manière pour eux d’affirmer qu’il est plus probablement né dans cette ville plutôt qu’à Venise.

Le sud de la Croatie forme une large bande étroite qui sépare la mer adriatique de la Bosnie-Herzégovine. J’ai profité de la proximité de ce pays pour aller visiter la ville de Mostar.

Vue de Mostar et son vieux pont

Cette cité a été tristement célèbre au milieu des années 90 pour avoir été le théâtre de la guerre. Les stigmates y sont encore bien visibles.  Le monument le plus célèbre de Mostar est certainement son vieux pont (détruit pendant la guerre et reconstruit en 2004). Cette ville multiculturelle présente la particularité de posséder à la fois des églises et des mosquées marqueur d’un héritage ottoman.

L’ensemble des images est visible sur la galerie

juin 2010 12

De la mi-juin à la mi-juillet, je vous invite à scruter dans le ciel du couchant ou du levant l’apparition de nuages noctulescents.

Les nuages noctulescents (ou nuages polaires mesosphériques ou NLC) se forment dans la très haute atmosphère (la mesosphère) à environ 80 km d’altitude alors que les plus hauts nuages dits classiques atteignent au maximum 12km (sur cette image prise depuis la station spatiale, les NLC apparaissent juste à la limite de l’atmosphère). La formation et la composition de ces nuages sont encore à ce jour énigmatiques. La première observation écrite de ce phénomène est relativement récente (en 1850 par un astronome de l’Observatoire irlandais d’Armagh) ce qui laisse supposer que leur origine est peut-être liée à l’activité humaine (particules rejetées dans l’atmosphère). La seule certitude est que certains des NLC sont créés suite au lancement de la navette spatiale (voir la vidéo de la NASA).

Les nuages noctulescents apparaissent lorsqu’ils sont éclairés
par le dessous et lorsqu’il fait presque nuit

D’un point de vue observationnel, ces nuages apparaissent lorsqu’ils sont éclairés par le soleil et par en dessous. Il faut donc que le soleil soit déjà suffisamment sous l’horizon mais pas trop pour qu’ils deviennent visibles. A nos latitudes, ces instants se produisent autour du solstice d’été entre 30min et 2h après le coucher ou avant le lever du soleil. Plus vous êtes au nord, meilleures sont vos chances d’observez ces nuages (à ma connaissance, les NLC n’ont jamais été observés dans le sud de la France). Habituellement, ces nuages commencent à être observés au début du mois de juin en Scandinavie ou dans le nord de l’Angleterre ou de l’Allemagne.

L’année dernière, j’ai cherché ces nuages pendant les longues soirées autour du 21 juin mais, alors que plusieurs sites faisaient état d’observation spectaculaires de NLC, je n’ai pu observer ces nuages. Finalement, le 14 juillet 2009, pendant que le fameux feu d’artifice était tiré de la Tour Eiffel, le ciel s’est drapé de nuages noctulescents.

Nuages noctulescents au moment du feu d’artifice (Paris, 14 juillet 2009)

Assez fugaces au départ, ils étaient à la fin très spectaculaires laissant apparaître un jolie palette de couleur alors qu’il faisait quasiment nuit.

Nuages noctulescents au dessus de la Tour Eiffel (Paris, 14 juillet 2009)

Si vous habitez au nord de la France ou mieux encore dans le nord de l’Europe, je ne peux donc que vous engagez à guetter les nuages noctulescents entre mi juin et mi-juillet,  de préférence au nord ouest le soir et au nord-est le matin.

Pour en savoir plus:

  • Astronomie Magazine fait deux pages sur ce sujet dans le numéro de juin 2010 (n°124)
  • le site noctilucentclouds.com permet de savoir si des nuages ont été observés dans les jours précédents.
  • le site de AIM, satellite dédié à l’exploration de ces nuages

Edit 10 juillet 2010

Les premiers nuages noctulescents  de la saison visibles de France ont été aperçu le 9 juillet depuis la Bretagne et la Normandie. Il est possible que ces nuages soient de nouveau visibles dans les jours à venir dans le nord de la France.

mai 2010 31

Dans mon précédent billet, je vous annonçais qu’il était possible d’observer début avril le rapprochement entre Mercure et Vénus à l’ouest. C’était une belle occasion d’admirer la planète Mercure dont l’observation est souvent difficile à nos latitudes.

Le 4 avril, j’ai décidé d’aller immortalisé la scène quelque part dans Paris et pour innover un peu, j’ai cherché un premier plan sympa pour cette photographie. Pour cela, j’ai utilisé le logiciel The Photographer’s Ephemeris qui permet de savoir directement sur une carte dans quelle direction se couche le Soleil ou la Lune pour une date et un lieu donnés. En effet, j’avais remarqué que les deux planètes se situaient dans la même direction que le soleil couchant au cours de la soirée.

J’ai donc d’abord pensé à mettre la Tour Eiffel en premier plan. Mais manque de chance, trouver un coin où on pouvait voir les deux planètes et la tour était difficile. Mon choix suivant s’est porté sur Notre-Dame de Paris. Après vérification, je m’aperçois que les deux planètes devaient se trouver non loin de la cathédrale si je me plaçais Quai d’Orléans sur l’Ile Saint-Louis.

Le 4 avril au soir, je me rends donc sur l’Ile Saint-Louis. Une fois sur place, il est un peu tôt, le ciel est encore bien lumineux et aucune des planètes n’est visible. J’installe donc mon appareil sur mon pied photo, fais quelques repérages et attends patiemment que la scène s’assombrisse…

Le temps passe mais la scène met du temps à s’assombrir et alors que Vénus brille de mille feux près de la cathédrale, Mercure se fait désirer. Finalement, la petite planète apparait à l’oeil nu et le spectacle devient magnifique. L’instant parait se figer lorsque l’éclairage de Notre-Dame, la clarté du ciel et la luminosité des planètes  s’équilibrent et s’harmonisent dans un ciel crépusculaire rougeoyant.

1h30 et 135 photos plus tard,  je suis de retour chez moi et je charge les photos sur mon ordinateur. Sur les 135, beaucoup sont soit floues, soit mal cadrées ou avec un éclairage mauvais. Seules deux d’entre elles me paraissent plutôt bonnes. Je décide donc au même instant d’envoyer l’une d’elles à l’Astrononomy Picture of the Day (APOD).

Chaque jour, ce site publie une image en rapport avec l’astronomie. J’ai tenté par deux fois auparavant mais sans succès d’envoyer des photos d’astronomie que je jugeais réussies (comme l’ISS au dessus de la Tour Eiffel ou le coucher de Soleil sous l’arc de Triomphe). Les éditeurs d’APOD ont des critères particuliers qu’on apprend à connaître avec le temps (comme un beau paysage avec un objet peu photographié en l’occurrence ici Mercure).

Le 7 avril, APOD publie une image des deux planètes. Quelques jours plus tard, le même site organise un sondage pour publier une autre image du couple planétaire et parmi les 6 photos, la mienne apparait.

Le 9 avril, alors que le sondage ne m’a pas été favorable, je reçois un mail d’un des éditeurs d’APOD avec seulement pour titre l’adresse de l’APOD du 12 avril.

Et finalement, le 12 avril, mon image fait l’APOD.

Plus d’un mois après cette publication, j’ai reçu plusieurs messages de félicitations et cinq mails de personnes inconnues…

Voilà l’histoire de cette photo qui montre que vie citadine et contemplation du ciel ne sont pas incompatibles et que le plaisir d’observation des astres n’est et ne doit pas rester éloigné de notre quotidien.

fév 2010 22

Jusqu’au début mars, il est possible d’observer l’astéroïde Vesta pour peu que vous disposiez de conditions d’observations excellentes.

Vesta est un astre tellement faible qu’il n’a été découvert qu’en 1807 grâce à l’utilisation d’un télescope. C’est pourtant l’un des astéroïdes les plus gros et surtout l’astéroïde le plus brillant.

En de très rares occasions, lorsqu’il passe au plus près de la Terre, il est théoriquement possible de l’observer à l’oeil nu (magnitude visuelle autour de 6). Théoriquement signifie ici dans un ciel pur et sans pollution lumineuse, conditions de plus en plus rare en France.

Cependant, même si son observation est un exploit, il est possible de photographier beaucoup plus simplement Vesta. En effet, dans un ciel aussi pollué que Paris, Vesta est repérable avec une pose photographique de quelques secondes. Ces jours-ci, il vous faudra pointer la tête du Lion pour espérer le repérer. Actuellement, la constellation du Lion domine l’horizon sud est vers 23h et est encadrée par deux brillantes planètes, Mars, très haut dans le ciel et Saturne, qui vient de se lever.

Position de Vesta fin février vers 23h vers le sud-est

Ces trois derniers jours,  j’ai ainsi pu mettre en évidence ce petit objet grâce à des poses photographiques de quelques secondes. En un jour, le mouvement apparent de Vesta parmi les étoiles est bien visible. Sur l’animation suivante, vous pouvez repérer Vesta au milieu de l’image parmi toutes les étoiles puisque c’est le seul objet à bouger (sinon, vous pouvez toujours vous aider de cette image où ses positions successives sont indiquées).

Déplacement de Vesta les 18, 19 et 20 février parmi les étoiles du Lion

La première image de l’animation a été prise à Paris ce qui montre d’une part que le ciel y est vraiment bien pollué et d’autre part que Vesta peut être photographié même dans de telles conditions. Les deux suivantes ont été prises à 30 km de Nantes dans un ciel encore pas trop pollué et laissent donc apparaitre plus d’étoiles.

Le déplacement de Vesta de jour en jour n’est pas si rapide que ça. A proportion, l’année dernière, la comète Lulin passait aussi près de la Terre et son déplacement était déjà perceptible à seulement une heure d’intervalle.

En fait, Vesta reste malgré tout plus éloigné de la Terre et du Soleil que la planète Mars. Ainsi, dans les mêmes conditions, le déplacement de Mars est peu plus rapide.

Déplacement de la planète Mars entre le 19 et le 20 février

Finalement, la photographie d’un astéroïde avec du matériel modeste reste assez rare. Les astéroïdes étant des objets petits et peu lumineux, ils ne deviennent visibles que lorsqu’ils passent suffisamment proches de la Terre. A titre d’exemple, en avril 2029, le fameux astéroïde Apophis frôlera la Terre (à environ 36 000 km) et sera alors facilement visible à l’oeil nu (magnitude 3). Son déplacement sur la voute céleste sera en outre très spectaculaire puisque il parcourra l’équivalent de la taille apparente de la Lune chaque minute…

déc 2009 18

Pour la troisième fois cette année, la neige a recouvert la capitale (et aussi une bonne partie de la France). J’ai donc saisi mon appareil photo ce jeudi matin pour aller immortaliser la situation.


360° sur le Jardin du Luxembourg (cliquez sur l’image en vous déplacant)

Une version grand format est visible sur ce lien.

D’autres photos de l’événement sont également visibles dans la galerie.

Edit 9 janvier 2010 :

La neige a de nouveau fait son apparition sur la capitale ainsi que sur une bonne partie de la France. Le reste de l’Europe n’est pas en reste comme le montrent les images satellites de la Nasa :

Si vous disposez d’un grand écran, je vous conseille la résolution 250m/pixel.